Le Deuil
Le mot deuil vient du latin dolium (« douleur »), C’est la douleur, l’affliction que l’on éprouve à la mort d’un être cher. D’une manière plus générale, le deuil permet de surmonter un événement critique de la vie, que ce soit le décès d’un être cher ou au niveau sentimental (rupture), professionnel (licenciement, retraite), un changement de condition de vie (perte de la santé, divorce, déménagement subi…). Ainsi, l’expression « faire son deuil » veut dire « passer à travers sa douleur ».
Toute personne exposée à une perte douloureuse suit ce chemin du deuil pour réapprendre à vivre en son absence.

Les 7 phases du deuil
1 – Le Choc
Le Choc a lieu au moment où l’annonce de la nouvelle est faite. Celle-ci déclenche un état de trouble émotionnel très fort, un traumatisme (pic d’adrénaline). Cette annonce laisse la personne sans émotion apparente. Le terme de sidération peut tout à fait convenir pour qualifier la réaction de la personne face à l’information transmise.
2 – Le Déni
Le déni est un mécanisme de défense : c’est le refus de croire l’information, faire comme si l’annonce n’avait pas été faite. Cette phase peut être courte, mais certaines personnes peuvent restées « coincés » dans cette étape qui leur sert de refuge.
3 – La colère
Lorsque la personne va se confronter à la situation et à sa douleur, elle va adopter une attitude de révolte (tournée vers elle-même et/ou vers les autres).
La colère conduit la personne à s’emporter ou à se refermer sur elle-même dans le plus grand mutisme. Elle peut même avoir des pulsions de vengeance incontrôlées. Cette colère est induite par l’impossibilité d’un retour en arrière.
« La colère est la non-acceptation de l’inacceptable »
Marek Halter
Le processus de deuil fait passer la personne par de nombreuses émotions : sentiment d’injustice, reproches, remords, culpabilité, ressentiments, dégoûts ou agression.
4 – La tristesse
La tristesse est un état de désespérance qui peut conduire parfois à la dépression. La personne perd le goût des choses de la vie, devient passive. La tristesse est causée par la prise de conscience des conséquences de la perte avec un sentiment de perte de contrôle, de perte de repères, des incertitudes et des peurs, parfois un sentiment d’incompréhension de l’entourage, d’isolement, de solitude.

5 – La résignation
La résignation est le moment où l’endeuillé(e) cesse de lutter. La personne abandonne la lutte. Cet abandon est nécessaire pour évoluer et commencer à se reconstruire. Se résigner, c’est accepter de renoncer à nos prévisions, nos attentes, nos espoirs.
Se résigner, c’est commencer à apprendre à « Vivre avec ».
6 – L’acceptation
Dans cette étape, la personne accepte la perte et la reconnait. Elle permet de faire la paix avec sa douleur. La douleur est toujours là mais elle est moins omniprésente, elle est plus supportable. Cette étape permet de pouvoir de nouveau se projeter dans l’avenir et de commencer à « aller de l’avant ».

7 – La reconstruction
C’est une nouvelle vie qui est envisagée, l’acceptation seule ne suffit pas, il faut se reconstruire progressivement. Souvent, il est nécessaire de réorganiser sa vie en fonction de la perte, reconstruire une image de soi (redéfinir son identité physique et/ou sociale) , redéfinir de nouveaux objectifs de vie, apprendre à vivre autrement, dans un environnement différent, selon son propre rythme. Cette étape n’efface pas la souffrance, mais elle permet à la personne de pouvoir se projeter de nouveau dans l’avenir, de reprendre le contrôle de sa vie, de développer son autonomie et ses compétences, et de sortir de sa zone de confort pour reconstruire son projet de vie. La personne peut de nouveau penser à la personne ou à la situation perdue plus sereinement. La douleur laisse alors la place aux bons souvenirs, et à tout ce qui a été positif.
Surmonter un deuil grâce à l’Hypnose
Le deuil est un processus naturel qui peut durer de quelques mois à 2 ou 3 années. Il n’y a pas de durée « normale » pour faire son deuil. Chacun son rythme. Toutefois, quand la douleur est trop violente ou que le deuil s’installe dans la durée, il est possible de se faire aider pour « traverser le deuil ». L’hypnose est un outil très efficace pour aider à surmonter un deuil. Le travail de deuil en hypnose est possible quelque soit la perte à l’origine de la douleur et peut se faire à n’importe quelle étape. Dans tous les cas, le travail effectué permettra d’avancer vers la résolution du deuil.

La « technique du deuil et pardon » en hypnose est un protocole très utilisé, et pas seulement dans le cas d’une perte d’un être cher. Si vous avez déjà bénéficier d’une ou plusieurs séances d’hypnose humaniste, vous avez probablement déjà visité cette jolie clairière dans laquelle on se libère des liens douloureux (de tristesse, de colère, de culpabilité…etc.) grâce au pardon. Comme souvent en hypnose, le principe est d’aller chercher les émotions « coincées » à l’intérieur, puis de faire la paix avec pour pouvoir les laisser partir. Selon l’étape du deuil dans laquelle se trouve la personne et selon l’intensité des émotions, il faudra une ou deux séances pour débloquer les émotions et s’en libérer. Si la personne se retrouve une nouvelle fois bloquée dans ce processus, elle peut revenir faire une autre séance. Le travail dans cette clairière est extrêmement libérateur car accepter de laisser partir les émotions douloureuses laisse toute la place aux bons souvenirs et aux émotions qui font du bien. Le soulagement généré par la séance d’hypnose va durer dans le temps, c’est une véritable aide pour avancer dans le processus de deuil jusqu’à sa résolution.

En conclusion
Surmonter un deuil ne signifie pas oublier, mais apprendre à vivre autrement avec ce qui a été perdu.
Lorsque la douleur persiste, que les émotions restent bloquées ou que l’élan de vie semble s’éteindre, il est essentiel de ne pas rester seul(e). L’hypnose offre un espace sécurisant et respectueux, où chaque étape du deuil peut être accueillie et transformée en douceur. Elle permet d’apaiser les émotions, de libérer ce qui pèse encore et de retrouver une paix intérieure durable, sans forcer, ni brusquer. Se faire accompagner, c’est s’autoriser à avancer à son rythme, à se reconnecter à ses ressources profondes et à ouvrir la voie à une reconstruction plus sereine.
Parce que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais un acte de soin envers soi-même.
Karine Penin 2026

Vous avez des questions?